23________« Le Choix »




En effet, Georg ne m'a pas rejointe. Je le savais, mais j'ai quand même était déçue.
Je suis revenue vers le groupe au moment où Jade & les garçons rentraient. A l'instant où j'allais monter dans l'annexe, Bill m'a retenue, il ne m'a pas dis grand chose, juste 8 mots, 8 mots qui ont tout changés, il a suivit mon choix avant même que je le prononce :


Bill__ << C'est le moment ou jamais. Profite de l'instant. >>

Puis il m'est passé devant, et a fait signe à Tom de démarrer le moteur.
Seuls Georg et moi restions ici.

Je ne sais pas combien de temps je suis restée à me repasser cette phrase en tête.
Je sais juste qu'au bout d'un long moment Georg à briser le silence :


Georg__ << J'arrête de jouer. C'est fini Azia. >>
Moi__ << J'ai jamais joué. >>


C'est vrai ... J'ai jamais joué avec eux. Pas volontairement du moins.
«C'est fini Azia».
Fini ? Rien n'a commencé.


Je me retourne vers lui, et croise son regard. Je peux y lire toute la peine du monde. Ca fait mal.
Dans un dernier espoir je murmure, avant de m'éloigner :


Moi__ << Je ne voulais pas te faire mal. Non. Je ne voulais vraiment pas ça. >>

Je pars en direction de la crique. Je ne choisi pas vraiment. C'est mon inconscient qui le fait pour moi.
Je sursaute en sentant une main venir se glisser dans la mienne, et la serrer fort, très fort.


Georg__ << C'est toi qui as le plus mal dans tout ça...>>
Moi__ << C'est pas important. >>


C'est vrai après tout. Moi c'est pas important. J'ai cherché ce qu'il m'arrive. A vouloir jouer avec le feu on se brûle, c'est bien connu.

Georg__ << Dis pas ça. >>

Pourquoi ? Est-ce que ne pas me rendre à l'évidence le ferra venir à moi ? Certainement pas.

Moi__ << Les allemandes sont moins compliquées, hein ? >>
Georg__ << Elles sont aussi moins belles >>
Moi__ << La beauté fait pas tout. >>


Ca c'est sur. Il est moins beau que Bill, enfin... Il a son charme, c'est certain. Mais je suis persuadée que ça n'est pas lui qui à le droit à toutes les groupies du groupe. Et d'un côté j'en suis heureuse.

Après encore quelques pas à réfléchir chacun de son côté, Georg s'arrête et prend la parole, plus sérieusement que jamais :


Georg__ << Je refuse d'aller me coucher sans savoir. Je refuse de penser que je vais encore passer une nuit à espérer. Azia ... Il faut que je sache, il faut que tu saches toi aussi ... >>

Il laisse sa phrase en suspens, le temps de capter mon regard, et de s'assurer que je ne le quitterais pas. Puis reprend :

Georg__ << Azia ... Je t'aime. Alors si tu as un temps soit peu d'affection à mon égard, je t'en pris, éclaire moi >>

Sa phrase à peine terminée, je me jette à son cou, je l'embrasse comme jamais je n'ai embrassé personne, je me tiens à lui de peur que mes jambes ne me lâchent, mes lèvres retranscrivent tout ce que je ressens : mon amour, mes peurs, ma joie, ma culpabilité.
Il met fin à cette union pour demander :


Georg__ << Ne me fais pas espérer... >>
Moi__ << J'en suis encore à l'âge, où, quand je fais une chute à vélo, et m'ouvre le genou, je pleure à chaudes larmes... Et là je me rend compte d'un tas de choses... >>
Georg__ << Azia ... S'il te plait... >>
Moi__ << Je t'aime. Je suis amoureuse de toi. De toi. Je sais que je n'ai pas été très claire, mais j'ai compris. >>
Georg__ << Compris quoi ? >>
Moi__ << Si j'avais préféré Bill à toi, la distance aurait tout casser. Et puis... Il faut que la tête suive le corps, sinon tout se brise. >>
Georg__ << De la façon dont tu le dis, on croirait que tu as fais un choix à contre c½ur...>>
Moi__ << Je m'exprime mal ... Mais je suis novice dans ce genre de situations... J'ai mis du temps à comprendre que si j'étais attirée par Bill c'était juste physique. Rien de plus. Il ne me manque pas quand je ne suis pas avec lui, mais toi... si ... >>


Je n'en dis pas plus. De peur de m'enfoncer certainement... Mais de toute façon ça suffit.
Ca suffit à nous rendre heureux tous les deux...

Cette nuit et les quelques prochaines s'annonçaient plutôt bien. Sans rêves tourmentés...



23________« Le Choix »

# Posté le vendredi 25 janvier 2008 08:59

Modifié le dimanche 11 mai 2008 07:24

24________« L'élément perturbateur »

24________« L'élément perturbateur »



Bien sur je pourrais parler des jours qui ont suivis.
Je pourrais parler du sourire sincère que Bill a eu en me voyant officiellement avec son ami. De la joie de Jade de me voir enfin décidée. Des clins d'½il de mes parents. De cette première fois pour moi, lors de cette nuit éclairée de milliers d'étoiles. De ces sourires figés sur l'écran de mon appareil.
Mais non.

J'en parle pas. J'en parle pas parce que j'ai mal de raconter cette histoire. Mal d'en venir à la fin. Mal d'en venir à ce jour qui à tout fait basculer.

C'était J-1. C'était notre dernière journée. Si seulement on avait su que "dernière" n'était pas utilisé à la légère...
C'était J-1, notre dernière soirée, et nous avions décidés de la passer à Miami.
De sortir boire un verre, de prendre les dernière photos, d'oublier que le lendemain annoncerait la fin de deux merveilleux mois, de vivre la seconde, comme le chante Bill.

<< Leb' die Sekunde >> C'était notre devise ce soir là.
Si seulement...
Le seul problème c'était Katrina. Oui Katrina souvenez vous ... En 2oo5... Le 29 Août cet ouragan dévastait la Nouvelle Orléans... Mais seulement 2 jours avant, juste 2 petits, il avait décidé de faire un détour par la Floride, par Miami...

Malgré l'interdiction, donnée à tous les foyers, de sortir, nous nous étions réfugiés dans un pub de Miami, de toute façon les yachts avaient été totalement vidés -trop de risques. Les parents avaient élus domicile dans un hôtel.

Toutes les habitations de Miami étaient protégées : des grandes plaques de contre-plaqué avaient été disposées devant les fenêtres, pour les protéger.
A 18h le vent n'était pas encore très méchant. C'est comme ça qu'on avait réussi à décider nos parents que nous irions dans un Pub et n'en bougerions pas jusqu'à ce que l'alerte soit levée. Quoi de plus naturel que de faire attention à soi tout en profitant au maximum des dernières heures passées ensemble ?

Tout se passait pour le mieux. Entre rire, sourires, photos, blagues, débats, nous passions une dernière soirée aux couleurs d'un bilan de fin d'été plus qu'agréable.
Dehors le vent devenait de plus en plus fort. L'oeil de Katrina avançait.

Il avançait si bien qu'un touriste pris dans la tempête poussa, en catastrophe -et pour dernier espoir- la porte du Pub.
Il devait être 21 heures.
Le malheureux fut projeté dans la salle, et atterrit avec fracas sur une table proche de l'entrée.
Un bras de Katrina s'engouffra alors à l'intérieur, décrochant sur son passage tableaux et peintures, envoyant valser les tables, chaises, et autres objets.
Tous les clients couraient vers l'arrière de la pièce -vers la cave.
Nous avancions nous aussi vers celle ci, quand un gros bruit nous fit tourner la tête. Nous n'aurions peut-être pas dû... Qui sait ? Si nous avions tous couru vers la cave peut-être serions nous tous sauf aujourd'hui ? Oui, je sais. Si n'existe pas...

Ce bruit n'était rien d'autre que le billard que Katrina avait descellé. On aurait pu croire qu'elle jouait avec. Il alla s'écraser une première fois contre un mur, puis quelques secondes plus tard, elle l'envoya vers nous.
Trop stupéfaits par ce qu'il se passait, nous n'avons bougés qu'au dernier moment. Trop tard.
Dans un dernier espoir je courrais vers Jade en hurlant :


Moi__ << Jaaaaaaaaaaaaaaaaaaade !! Noooooon !!! >>

Il était trop tard. Elle essaya de bouger. Mais Katrina fut plus forte. Le billard fini sa course sur son corps, et mes jambes. J'avais réussi à la rejoindre, mais pas à la pousser assez fort.
Nous étions toutes deux prisonnières du billard. Prisonnières de la volonté d'un ouragan. Prisonnières de notre destin.

Je pleurais, hurlais, en voyant qu'elle ne répondait pas à mes appels. J'avais mal aux jambes, mais n'y faisait pas attention. J'étais allongée sur ma s½ur, comme un amant peut être allongé sur sa maîtresse après la fin d'une nuit romantique.
Avec le peu de forces qu'il me restait j'essayais de me dégager. Impossible.
J'étais allongée sur ma soeur, et pouvait remarquer qu'elle ne respirait plus.
J'essayais encore plus de me dégager de ce billard, il fallait que je lui laisse de la place, il fallait qu'elle respire, qu'elle vive !
Rien n'y faisait, je ne réussissais juste qu'à aggraver notre sort.

Katrina c'était retirée. Un ouragan fait souvent juste une apparition, quelques secondes, jamais plus de 3o, et repart.
Elle avait quitté le centre de Miami. Mais avait laissé derrière elle de nombreuses larmes.

Les garçons, qui avaient assister à la scène sans pouvoir agir, s'étaient alors précipités vers nous.
En moins de 5 secondes ils nous dégagèrent.
Mes jambes me faisaient affreusement mal, mais je n'y faisais toujours pas attention.
Jade était ce qui comptait le plus pour moi à ce moment là.
Je prenais son visage ensanglanté dans mes mains et lui demandait de me regarder, d'ouvrir les yeux. Je la suppliais.
Il fallait qu'elle revienne.


Moi__ << Jade ... Reviens... Reviens avec moi. Ne me laisse pas. Ne la laisse pas... >>

Georg me pris de force dans ses bras et m'éloigna d'elle.
Il me soufflait des mots réconfortant à l'oreille, mais je ne l'écoutais pas.


Moi__ << Lâche moi ! Laisse moi ! Il faut que je l'aide ! >>

Je me débattais. Le frappais. Rien n'y faisait il était plus fort que moi.

Les secours étaient arrivés. Pendant un cours instant j'ai cru qu'ils allaient la faire revenir, lui faire ouvrir les yeux.
Je me voyais déjà lui dire
<< Il fallait que ce soit une belle blonde pour que tu reviennes ? >>
Mais la belle blonde ne fut pas plus forte que moi. La belle blonde posa ma s½ur dans un grand sac blanc, et fit glisser la fermeture.

C'était fini.




Pix : C'est la trajectoire de Katrina & le gros point rouge c'est Miami. Voilà

# Posté le dimanche 27 janvier 2008 15:23

Modifié le dimanche 11 mai 2008 07:25

25________« La fin d'un monde»




Passée la douce et agréable amnésie du réveil, j'ouvre les yeux et est le malheur de remarquer que tout ce cauchemar est bien réel.
Ca fait mal.
Je bouge un peu, mais des fils et des aiguilles enfoncés un peu partout en moi font sonner une grosse machine.
Tous les regards se tournent vers moi. Je renvoi un petit sourire, comme une excuse. Oui je m'excuse, je m'excuse de vous faire patienter ici, je m'excuse d'avoir voulu faire cette soirée, je m'excuse d'être ici et de ne pas pouvoir jouer au fantôme.


Papa__ << Ma chérie ! Ca va ? >>

Drôle de question. Est-ce que ça va ? Je viens de perdre ma s½ur, si le touriste n'était pas, lui aussi, mort, je l'aurai tué de mes mains, j'ai des contusions partout... Je crois que la réponse est non.

Moi__ << Je suis désolée.>>
Bill__ << C'est pas de ta faute, c'est ce mec là ! >>
Moi__ << Mais, si...>>
Gustav__ << Si n'existe pas. C'est un groupe de ton pays qui chante ça. Ils ont raison. >>



Gustav. Lui qui parle jamais...
Si n'existe pas. Oui. Mais quand même.


Papa__ << Tu ne m'as pas répondu. >>
Moi__ << Sentimentalement, ça va pas du tout. Et physiquement, y'a que mes jambes que je ne sens pas. >>


Juste mes jambes. Je sens le moindre muscle me faire mal, la moindre partie de mon corps est abîmée. Même le bout de mes doigts me fait mal. C'est pour dire.
Un temps.
Je crois que j'ai compris pourquoi je n'ai pas mal. Non. Je dois me tromper.


Moi__ << Mum' ? Pop' ? C'est les analgésiques hein ? C'est ça ? >>
Papa__ << Ma chérie ... Il va falloir être courageuse... >>


Ne rien dire de plus surtout.
Je rêve. Je vais me réveiller.
Je ferme mes yeux, les rouvre, me pince.
Non. Rien à changé.
Pas ça. Non. Pas ça.


Moi__ << Pas ça ! Pas ça ! Non ! NOOOOOON !!>>

Une infirmière alertée par mes cris rentre en trombe dans la chambre.
Elle regarde vite fait sur le carnet accroché au pied du lit, et lève les yeux sur mes parents :


Elle__ << Vous venez de lui dire ? >>
Papa__ << Elle s'en est rendue compte toute seule. >>


Je continue de pleurer. De crier aussi.
Georg tente une approche mais je le renvoi :


Moi__ << Vas-t-en ! Allez vous en tous ! Laissez moi ! J'veux plus vous voir ! Sortez ! >>


Les gens peuvent pas savoir ce que c'est que la paralysie.
Non.
La preuve : On est rentrés 2 jours après, Jade est partie parmi les vagues de l'Atlantique, ma mère reste cloîtrée dans sa chambre, et mon père essai d'être fort pour nous deux.
Puis, de l'autre côté, il y a les médecins. Ils n'ont pas arrêté de m'examiner.
Mon père voulait que je retrouve l'usage de mes jambes.
Je suis passée sous des machines, sous des rayons, j'ai été touchée, huilée par des pommades.
Et leur jugement été le même, toujours :


<< Elle ne remarchera que quand elle reprendra goût à la vie, quand elle aura la volonté >>

Mais la volonté ... Vous savez ce que j'en pense.


C'est comme ça que ça c'est fini.
Deux merveilleux mois. De merveilleux souvenirs.
Un été magique, des rencontres inoubliables.
Une vie chamboulée, une amitié et un amour gâchés.
Intempéries qui agissent sur la vie ... notre vie.





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# Posté le mercredi 30 janvier 2008 14:46

Modifié le dimanche 11 mai 2008 07:26

26________« Jo & Azia »



C'est sur cette phrase que c'est terminé son récit.
Un long silence à suivi ce monologue, ce retour dans le passé.
C'était un peu comme une minute de silence en l'honneur de.
L'honneur de Jade, de ces vacances, de ce courage, de cette vie au parcours sombre.
En son honneur, à elle, peut-être, tout simplement.

Il était 7h38 au réveil quand elle a raccroché.

Le visage humide de quelques larmes, elle s'est hissée dans son fauteuil, un sourire léger sur le bout des lèvres.
Il était tant de s'ouvrir au monde extérieur.

Dans le salon Jo dormait à poings fermés. Elle le fixait. Se rendant compte qu'indirectement il était pour quelque chose dans ce qu'il s'était passé cette nuit.
Il avait réussi à la faire parler. Il avait réussi à faire quelque chose que les plus grands médecins cherchaient à lui faire faire depuis 2 ans maintenant.
Et son seul mérite était son humanisme.
Il lui faudrait peut-être en parler à tous ces pantins en blouse blanche ?

Après la préparation du petit déjeuner, le réveil de Jo, et le passage à table. Ils débarrassèrent puis d'une petite voix, mais sans appel, Azia demanda à Jo :


Azia__ << Tu pourrais m'aider à décrocher toutes ces photos ? >>
Jo__ << Sans problème. Mais ... Pourquoi ? >>
Azia__ << Après que tu te sois couché, j'ai appelé ma psy, puis ... 'fin voilà quoi. Et j'me suis rendue compte qu'il était tant que je passe à autre chose. 2 ans ça suffit. >>
Jo__ << Même si je sais pas de quoi tu parles, j'suis heureux. Et fière de toi. >>
Azia__ << Tu peux. Parce que c'est grâce à toi. >>


Il lui demanda bien pourquoi, mais elle éluda la question. Un jour elle lui raconterait tout. Mais pas maintenant.

Là où il lui avait fallu 3 jours pour tout imprimer et afficher, ça leur prit une demi heure pour tout enlever.
Jo tenait une photo d'Azia et la regardait avec un sourire des plus admiratifs.


Jo__ << T'es belle dessus. >>
Azia__ << Fais voir ? Ah... Celle là... Et bien garde là. >>


Il la remercia d'un sourire.
Sur cette photo elle avait enjambé le bastingage du yacht, vêtue d'un bikini, elle tenait à la main une fleur des champs. Prise en noir et blanc, le rendu était plus que beau. Magnifique.
Il se doutait que la fleur lui avait était offerte par l'homme de la boite. Par Georg.
Mais il se trompait.

En effet, ce cadeau lui avait été fait par Bill, après un après midi dans un champ.
Après un après midi aux milles sourires, après un après midi où ils s'étaient retrouvés intimement liés.
Il lui avait posé cette fleur dans ses longs cheveux, puis l'avait embrassé pour la dernière fois, avant de la rendre à son ami.

Certains diront que c'est de la trahison, et se demanderons pourquoi elle n'en a rien dit à Mme Ellen.
Ceux là devineront qu'à son âge et avec ses idées elle à voulu offrir à Bill quelque chose qu'il garderait en souvenir. Mieux que la boîte, mieux que ses sourires. Elle s'est offerte à lui.
Et ceux là comprendront que tout le monde à ses secrets. Surtout Azia Fletcher... .

Ensemble ils rangèrent les photos dans un album, puis quittèrent l'appartement pour se diriger vers la fac.






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# Posté le dimanche 03 février 2008 11:43

Modifié le dimanche 11 mai 2008 07:27

27

A la fac de nombreux regards se sont jetés sur eux. Des regards d'incompréhension notamment.
« Jo ! Qu'est-ce qui te prends ! » « A quoi tu joues ? Toi qui es si populaire, pourquoi traîne tu avec... ça ? » « Jo ! Expliques-nous ! »
Et il s'amusait à répondre par des sourires. L'hypocrisie reste la meilleure réponse à l'hypocrisie.

Dans l'amphi il est restée à côté d'elle, ignorant les grands signes de ses amis.
Bien sur il est monté les voir, leur dire bonjour. Mais pas besoin d'explications, ils savaient déjà.


Mäx__ << Alors ça y'est ! Tu l'a approché la petite ! >>
Jo__ << Ouais ! Et elle est vraiment sympa ! >>
Mäx__ << Pas d'arrières pensées ? >>
Fabi__ << Obligé que si ! >>
Jo__ << Même pas ! Puis son c½ur est pris. >>
Fabi__ << Et tu tentes rien ? >>


Il sourit puis parti la rejoindre. Le prof venait d'entrer. Le cours de littérature commençait.

A l'honneur ce jour la comparaison de deux livres qu'ils étaient censés avoir lu quelques semaines auparavant : "Les Catilinaires" & "Robert des noms propres" d'Amélie Nothomb.
Azia les avaient lu. Dévorés auraient été le mot exact. Les deux romans dans la même journée.
Jo avait commencé "Les Catilinaires" et avait rejoint ses amis pour une partie de hand. Les aventures de Plectrude étaient restées en suspens, quelque part dans un coin de sa tête. Il ne l'avait jamais fini, tout comme il n'avait pas encore ouvert la deuxième oeuvre.
Il fit une tête indescriptible quand le prof leur demanda de rédiger un commentaire comparé d'au moins 3 pages sur les différences d'écriture.
Cette fois il était cuit.

Azia prit la parole après avoir surpris le regard de son ami :


Azia__ << Et on ne peux pas le faire à deux ? >>
Prof__ << Vous ne l'avez pas lu et essayez de le faire faire à un camarade ? Bien joué mais c'est non. >>
Azia__ << Vous ne pouvez pas vous empêcher de ne pas croire en nous hein ? J'ai lu les deux romans en une journée. Mais c'est pas la question. Je pense juste que pour faire un bon commentaire comparé des avis différents valent mieux. >>


Pour le coup elle avait retiré les mots de la bouche de son professeur, qui ne sut répondre que :

Prof__ << Carte blanche, mais pour ceux qui le fond en groupe ce sera 6 pages. >>

Il croyait lui faire changer d'avis. Il se trompait. Encore un qui ne la connaissait pas.
Jo quand à lui avait eu l'ébauche d'un sourire au début de la réponse du prof, puis ce sourire c'était transformé en grimace.
6 pages. Du suicide collectif.



Azia__ << Et là t'es sensé dire "merci" >>
Jo__ << J'crois que tu vas me détester. 3 pages c'était faisable, j'aurai pu allonger les mots pour décrire les 100 premières lignes, mais là ... C'est la catastrophe ! >>
Azia__ << Tu les a pas lus ? >>
Jo__ << Bah ... J'avais une partie de hand ... >>
Azia__ << Tu devrais les lire, ils sont géniaux. Quoi que le second laisse à désirer pour sa fin... >>



|| ... ||


L'avantage avec les cours à la fac, c'est qu'ils ne prennent jamais une journée entière. Aussi après 3 heures sur les bancs, ils quittèrent l'enceinte universitaire pour redécouvrir Paris à la manière de Jo.
Mais avant de sortir deux voix les arrêtèrent :


<< Hey ! Jo ! >>
<< Tu nous snob ? >>


Jo se senti rougir ou remarquant qu'il avait un peu oublié ses amis.

Jo__ << Mais non ! Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre ! >>

Les garçons s'étaient rapprochés.

Mäx__ << Tu nous présente pas ? >>
Azia__ << Azia & vous ? >>


Un sourire franc avait prit place sur ses lèvres. Sa décision du matin tenait toujours.

Mäx__ << Lui c'est Fabi, et moi Mäx >>

Par ces présentations une conversation avait commencé. Puis de fil en aiguille ils s'étaient retrouvés dans Paris, à arpenter les rues, à rire, à parler, à se connaître tout simplement.


A l'angle de la rue, un van aux vitres teintés ralentissait en les croisant.

# Posté le dimanche 10 février 2008 05:50