En effet, Georg ne m'a pas rejointe. Je le savais, mais j'ai quand même était déçue.
Je suis revenue vers le groupe au moment où Jade & les garçons rentraient. A l'instant où j'allais monter dans l'annexe, Bill m'a retenue, il ne m'a pas dis grand chose, juste 8 mots, 8 mots qui ont tout changés, il a suivit mon choix avant même que je le prononce :
Bill__ << C'est le moment ou jamais. Profite de l'instant. >>
Puis il m'est passé devant, et a fait signe à Tom de démarrer le moteur.
Seuls Georg et moi restions ici.
Je ne sais pas combien de temps je suis restée à me repasser cette phrase en tête.
Je sais juste qu'au bout d'un long moment Georg à briser le silence :
Georg__ << J'arrête de jouer. C'est fini Azia. >>
Moi__ << J'ai jamais joué. >>
C'est vrai ... J'ai jamais joué avec eux. Pas volontairement du moins.
«C'est fini Azia».
Fini ? Rien n'a commencé.
Je me retourne vers lui, et croise son regard. Je peux y lire toute la peine du monde. Ca fait mal.
Dans un dernier espoir je murmure, avant de m'éloigner :
Moi__ << Je ne voulais pas te faire mal. Non. Je ne voulais vraiment pas ça. >>
Je pars en direction de la crique. Je ne choisi pas vraiment. C'est mon inconscient qui le fait pour moi.
Je sursaute en sentant une main venir se glisser dans la mienne, et la serrer fort, très fort.
Georg__ << C'est toi qui as le plus mal dans tout ça...>>
Moi__ << C'est pas important. >>
C'est vrai après tout. Moi c'est pas important. J'ai cherché ce qu'il m'arrive. A vouloir jouer avec le feu on se brûle, c'est bien connu.
Georg__ << Dis pas ça. >>
Pourquoi ? Est-ce que ne pas me rendre à l'évidence le ferra venir à moi ? Certainement pas.
Moi__ << Les allemandes sont moins compliquées, hein ? >>
Georg__ << Elles sont aussi moins belles >>
Moi__ << La beauté fait pas tout. >>
Ca c'est sur. Il est moins beau que Bill, enfin... Il a son charme, c'est certain. Mais je suis persuadée que ça n'est pas lui qui à le droit à toutes les groupies du groupe. Et d'un côté j'en suis heureuse.
Après encore quelques pas à réfléchir chacun de son côté, Georg s'arrête et prend la parole, plus sérieusement que jamais :
Georg__ << Je refuse d'aller me coucher sans savoir. Je refuse de penser que je vais encore passer une nuit à espérer. Azia ... Il faut que je sache, il faut que tu saches toi aussi ... >>
Il laisse sa phrase en suspens, le temps de capter mon regard, et de s'assurer que je ne le quitterais pas. Puis reprend :
Georg__ << Azia ... Je t'aime. Alors si tu as un temps soit peu d'affection à mon égard, je t'en pris, éclaire moi >>
Sa phrase à peine terminée, je me jette à son cou, je l'embrasse comme jamais je n'ai embrassé personne, je me tiens à lui de peur que mes jambes ne me lâchent, mes lèvres retranscrivent tout ce que je ressens : mon amour, mes peurs, ma joie, ma culpabilité.
Il met fin à cette union pour demander :
Georg__ << Ne me fais pas espérer... >>
Moi__ << J'en suis encore à l'âge, où, quand je fais une chute à vélo, et m'ouvre le genou, je pleure à chaudes larmes... Et là je me rend compte d'un tas de choses... >>
Georg__ << Azia ... S'il te plait... >>
Moi__ << Je t'aime. Je suis amoureuse de toi. De toi. Je sais que je n'ai pas été très claire, mais j'ai compris. >>
Georg__ << Compris quoi ? >>
Moi__ << Si j'avais préféré Bill à toi, la distance aurait tout casser. Et puis... Il faut que la tête suive le corps, sinon tout se brise. >>
Georg__ << De la façon dont tu le dis, on croirait que tu as fais un choix à contre c½ur...>>
Moi__ << Je m'exprime mal ... Mais je suis novice dans ce genre de situations... J'ai mis du temps à comprendre que si j'étais attirée par Bill c'était juste physique. Rien de plus. Il ne me manque pas quand je ne suis pas avec lui, mais toi... si ... >>
Je n'en dis pas plus. De peur de m'enfoncer certainement... Mais de toute façon ça suffit.
Ca suffit à nous rendre heureux tous les deux...
Cette nuit et les quelques prochaines s'annonçaient plutôt bien. Sans rêves tourmentés...