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Le métro parisien n'est pas un moyen de locomotion bien pensé. Vraiment pas. Ceux qui l'on inventé devait certainement avoir leurs deux jambes en parfait état. Comme si c'était déjà pas assez stressant de se faire reluquer comme une bête de foire, quand on est coincée sur une chaise roulante ; il faut en plus que la place soit extrêmement réduite et que les gens soit entassés l'un sur l'autre. De plus les parisiens ne sont pas gênés. Pas du tout.
<< Je peux m'assoir sur toi ? >>
Voilà ce qu'on lui a demandé. Et quand elle a gentiment refusé la demande, elle s'est entendue répondre que si elle n'était pas infirme le wagon gagnerait 3 places. Comment faire mal à une jeune fille déjà détruite ? Comme ça.
Si seulement le cabinet de la psy était à côté de la bouche de métro... Mais non. La facilité, quel mot insensé. Le bus c'est pas pour les fauteuils. Le tram non plus. Alors à la force des bras. Sous le regard empli de pitiée elle avance. Elle fait ses quelques 6oo mètres et se rend à la séance.
Parfois elle se demande bien à quoi tout cela peut bien servir. Vraiment.
On a tous nos problèmes. Elle c'est un lourd passé. Des images dans sa tête. Un drama réel. La femme qui vient de sortir, elle, doit surement venir parler de ses violences conjugales... Parce que le bleu au coin de son ½il, et cette démarche bancale... Ça vient pas d'une chute dans un escalier. Non. C'est plus. Et puis de toute façon on ne vient pas consulter pour une chute. A moins que la chute soit sentimentale ...
<< Mademoiselle Fletcher s'il vous plait >>
La voix un peu trop enrouée de la secrétaire lui fait comprendre que maintenant il faut qu'elle affronte son passé.
Si seulement elle croyez, ne serait-ce qu'un instant, à l'aide de la parole... Si seulement ...
Cabinet austère. Psychologue à l'air un peu trop vieux jeu, mais les préjugés c'est pas son truc. Tableaux trop chers pendus aux murs. C'est froid. Même les tapisseries, non pas de peintures, rouge-orangé des murs ne réchauffe pas cette trop grande pièce. Si elles étaient encore fonctionnelles elle prendrait ses jambes à son coup. Si seulement ... Mais elle le sait bien, " Si n'existe pas "
<< Alors ? Que vois-je ... >>
Il n'y a pas que le cabinet qui est austère. Vraiment pas.
<< Traumatisme familial, et sentimental... De quoi veux-tu parler ?
- De rien.
- Pourquoi es-tu là alors ?
- Il parait que c'est pour mon bien.
- Si on y croit.
- " Si n'existe pas "
- Quel sorte de trauma familial ? >>
Malgré son air de chouette et ses manières un peu trop "vieille école" elle arrive à la mettre à l'aise. Mais le confort n'est pas la clé de ses problèmes, et ça elles le savent toutes les deux. Il faudra jouer fin, elle le sait. Car même cachés derrière une frange un peu rétro, et une bonne dose de noir, ses yeux sont noyés dans la souffrance. Pas la souffrance d'une chute à vélo. Pas la souffrance d'une fin de liaison. Non quelque chose de plus fort. De plus ancré. Un quelque chose qui la bouffe, qui la tue petit à petit, comme un feu qui se consume sous les branchages d'une foret...
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Le métro parisien n'est pas un moyen de locomotion bien pensé. Vraiment pas. Ceux qui l'on inventé devait certainement avoir leurs deux jambes en parfait état. Comme si c'était déjà pas assez stressant de se faire reluquer comme une bête de foire, quand on est coincée sur une chaise roulante ; il faut en plus que la place soit extrêmement réduite et que les gens soit entassés l'un sur l'autre. De plus les parisiens ne sont pas gênés. Pas du tout.
<< Je peux m'assoir sur toi ? >>
Voilà ce qu'on lui a demandé. Et quand elle a gentiment refusé la demande, elle s'est entendue répondre que si elle n'était pas infirme le wagon gagnerait 3 places. Comment faire mal à une jeune fille déjà détruite ? Comme ça.
Si seulement le cabinet de la psy était à côté de la bouche de métro... Mais non. La facilité, quel mot insensé. Le bus c'est pas pour les fauteuils. Le tram non plus. Alors à la force des bras. Sous le regard empli de pitiée elle avance. Elle fait ses quelques 6oo mètres et se rend à la séance.
Parfois elle se demande bien à quoi tout cela peut bien servir. Vraiment.
On a tous nos problèmes. Elle c'est un lourd passé. Des images dans sa tête. Un drama réel. La femme qui vient de sortir, elle, doit surement venir parler de ses violences conjugales... Parce que le bleu au coin de son ½il, et cette démarche bancale... Ça vient pas d'une chute dans un escalier. Non. C'est plus. Et puis de toute façon on ne vient pas consulter pour une chute. A moins que la chute soit sentimentale ...
<< Mademoiselle Fletcher s'il vous plait >>
La voix un peu trop enrouée de la secrétaire lui fait comprendre que maintenant il faut qu'elle affronte son passé.
Si seulement elle croyez, ne serait-ce qu'un instant, à l'aide de la parole... Si seulement ...
Cabinet austère. Psychologue à l'air un peu trop vieux jeu, mais les préjugés c'est pas son truc. Tableaux trop chers pendus aux murs. C'est froid. Même les tapisseries, non pas de peintures, rouge-orangé des murs ne réchauffe pas cette trop grande pièce. Si elles étaient encore fonctionnelles elle prendrait ses jambes à son coup. Si seulement ... Mais elle le sait bien, " Si n'existe pas "
<< Alors ? Que vois-je ... >>
Il n'y a pas que le cabinet qui est austère. Vraiment pas.
<< Traumatisme familial, et sentimental... De quoi veux-tu parler ?
- De rien.
- Pourquoi es-tu là alors ?
- Il parait que c'est pour mon bien.
- Si on y croit.
- " Si n'existe pas "
- Quel sorte de trauma familial ? >>
Malgré son air de chouette et ses manières un peu trop "vieille école" elle arrive à la mettre à l'aise. Mais le confort n'est pas la clé de ses problèmes, et ça elles le savent toutes les deux. Il faudra jouer fin, elle le sait. Car même cachés derrière une frange un peu rétro, et une bonne dose de noir, ses yeux sont noyés dans la souffrance. Pas la souffrance d'une chute à vélo. Pas la souffrance d'une fin de liaison. Non quelque chose de plus fort. De plus ancré. Un quelque chose qui la bouffe, qui la tue petit à petit, comme un feu qui se consume sous les branchages d'une foret...
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